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Secteur de la transformation alimentaire : mutations des compétences et enjeux de compétitivité en Normandie
En avril 2025, le Carif-Oref a publié l'étude intitulée « Secteur de la transformation alimentaire en Normandie : transformations et impacts sur les besoins en compétences ». Inscrite dans le cadre du programme national FSE + 2021-2027, elle analyse les mutations structurelles du secteur agroalimentaire normand et leurs impacts sur l'emploi, les compétences et la formation. Cet article présente les principaux enseignements.
Un pilier industriel structurant, engagé dans des transitions profondes
La transformation alimentaire constitue l’un des socles industriels de la Normandie.
En 2022, le secteur représente :
- environ 30 000 actifs en emploi
- 15 % de l’emploi manufacturier régional
- - 2,1 % d’emplois en six ans.
Le secteur repose principalement sur :
- la boulangerie–pâtisserie et fabrication de pâtes (47,6 %)
- la transformation de la viande (22,1 %)
- les industries laitières (22 %).
Si les volumes d’emploi apparaissent globalement stabilisés, le secteur est engagé dans des transformations durables :
- modernisation des outils de production
- automatisation et digitalisation des process
- renforcement des exigences sanitaires et réglementaires
- transition écologique (énergie, eau, déchets)
- évolution des attentes des consommateurs.
Les mutations sont structurelles et redéfinissent les besoins en compétences.
Un secteur stable mais en recomposition
Le profil des actifs met en évidence plusieurs caractéristiques structurantes :
- 57,9 % d’hommes
- 67 % des actifs ont entre 25 et 54 ans
- 43,3 % titulaires d’un CAP-BEP
- 75,1 % en emploi stable
- 90,5 % à temps complet.
La structure socioprofessionnelle reste fortement orientée vers la production :
- près de 54 % d’ouvriers
- montée progressive des professions intermédiaires techniques
- fonctions d’ingénierie encore limitées en volume.
Le secteur combine un versant artisanal (boulangerie, charcuterie, fromagerie) et un versant industriel automatisé, générant des besoins différenciés selon les territoires et les modèles d’entreprise.
Des tensions marquées sur certains métiers stratégiques
Le marché du travail du secteur apparaît contrasté.
Les volumes de recrutement les plus importants concernent les métiers de production, souvent soumis à des variations saisonnières.
En parallèle, l’étude identifie quatre métiers stratégiques particulièrement représentatifs des transformations en cours :
- opérateur / opératrice de production
- conducteur / conductrice de ligne
- technicien / technicienne de maintenance
- technicien / technicienne de laboratoire d’analyse industrielle.
Ces métiers ont été retenus car ils concentrent :
- des enjeux d’évolution des compétences
- des besoins de renouvellement générationnel
- des tensions de recrutement plus marquées pour les fonctions techniques
- un rôle structurant dans la modernisation des organisations productives.
Les tensions les plus fortes concernent notamment la maintenance industrielle, où le déséquilibre entre offres et candidats est durable.
Des métiers en transformation
Les mutations en cours modifient le contenu des postes.
Les évolutions majeures concernent :
- la conduite de lignes automatisées
- la maintenance prédictive
- la traçabilité numérique
- la conformité réglementaire renforcée
- l’intégration d’objectifs environnementaux.
Les compétences attendues évoluent vers :
- une maîtrise accrue des outils numériques
- une capacité d’analyse de données de production
- une polyvalence technique
- des compétences organisationnelles et de coordination.
Les compétences transversales (adaptabilité, travail en équipe, autonomie) prennent une place croissante dans un environnement productif plus complexe.
La formation : un levier stratégique à adapter
La formation constitue un levier central pour accompagner la modernisation du secteur.
L’offre repose principalement sur :
- des diplômes de niveau CAP-BEP
- l’apprentissage
- des formations réglementaires obligatoires.
Plusieurs fragilités sont identifiées :
- modernisation incomplète des plateaux techniques
- difficultés d’accès à la formation pour les PME
- pénurie de formateurs spécialisés
- mobilisation encore limitée de la VAE.
Un décalage peut apparaître entre la montée en technicité des métiers et l’adaptation des dispositifs de formation.
Les enjeux pour l'action publique
Le secteur est confronté à un risque de décrochage technologique et compétitif si les besoins en compétences ne sont pas anticipés.
Les priorités identifiées sont :
- sécuriser les compétences critiques (maintenance, conduite automatisée, qualité)
- moderniser les équipements de formation
- renforcer l’alternance technique
- intégrer systématiquement les transitions numérique et écologique
- différencier les réponses selon les territoires et les modèles d’entreprises
- structurer une veille prospective sectorielle.
Conclusion
Avec près de 30 000 emplois, la transformation alimentaire constitue un pilier industriel stratégique pour la Normandie.
Si les volumes d’emploi apparaissent globalement stabilisés, les mutations technologiques, environnementales et réglementaires redéfinissent profondément les compétences attendues.
L’enjeu n’est pas seulement quantitatif. Il réside dans la capacité à anticiper les besoins techniques, adapter l’offre de formation et soutenir la compétitivité durable des entreprises agroalimentaires normandes.
Elise Dehays (Carif-Oref de Normandie)



